Pages Navigation Menu

L'actualité de tout ce qui nous influence

Terrorisme

Terrorisme

 

 

 

   Est-il opportun de regrouper les détenus radicaux au sein des établissements pénitentiaires afin de les mettre à l’écart des autres détenus ?

Le regroupement des détenus radicalisés se fonde sur l’idée que la radicalisation est un phénomène viral, contre lequel il convient de former un cordon sanitaire.

Néanmoins, il convient d’éviter que celui-ci ne renforce leur radicalisation, voire ne favorise la constitution de réseaux et l’élaboration de projets terroristes.

“La présence, au sein du reste de la population carcérale, de détenus radicalisés susceptibles d’endoctriner ou d’influencer d’autres détenus, et le développement de phénomènes nouveaux, comme l’incarcération de personnes de retour de la zone irako-syrienne, rendent nécessaire une adaptation de la gestion de la détention”, Audrey Crespo-Mara, journaliste et présentatrice française.

Selon cette journaliste, le principe de la mise à l’écart de certains détenus, est à cet égard une réponse adaptée.

Il conviendra cependant d’en préciser la doctrine, ajoute Audrey Crespo-Mara, afin d’éviter des effets contre-productifs.

 

  Prison et djihadisme

L’efficacité des quartiers dédiés dépendra en grande partie des critères qui seront appliqués pour décider d’y placer des détenus et donc de la finesse et de l’utilisation effective des outils d’évaluation de la radicalisation.

“Le critère de sélection du regroupement ne peut s’appuyer sur une automaticité d’éléments exogènes comme une qualification pénale, mais sur un faisceau d’éléments et d’informations recueillis que permet l’observation notamment dans la phase du quartier arrivant”.

Le choix d’un autre critère que la qualification pénale est juridiquement possible dans le cadre du pouvoir du chef d’établissement d’affecter les personnes détenues dans les cellules qu’il désigne.

Les décisions d’affectation constituent des mesures d’ordre intérieur qui ne peuvent pas être contestées devant le juge sous réserve, que les détenus conservent leurs libertés et droits fondamentaux.

 

Lors de son audition du 3 février 2015, madame Christiane Taubira, ministre de la Justice, garde des Sceaux, a fait état de la volonté de parvenir à des critères d’affectation plus fins que la qualification pénale des faits, en s’appuyant sur les résultats de la recherche-action menée actuellement, sur la détection de la radicalisation en milieu carcéral.

Ces critères plus fins devront permettre de fonder les décisions d’affectation dans les quartiers dédiés sur une analyse du degré de radicalisation et du profil des détenus.

 

Cette évolution permettra également d’affecter dans les futurs quartiers dédiés des détenus radicalisés incarcérés pour des faits de droit commun.

Tout d’abord, les détenus radicalisés identifiés comme des leaders ou des recruteurs, du fait de leur dangerosité, ne doivent pas avoir vocation à être affectés dans les futurs quartiers dédiés.

Il importe ensuite d’éviter de regrouper des détenus fortement radicalisés avec des profils plus fragiles susceptibles de tomber sous l’influence de la première catégorie.

“Donc, il faudra bien évidemment, être attentif au choix des personnes que l’on placera dans les quartiers dédiés…”, Thierry Ardisson, l’homme en noir de la télévision française.

S’agissant du cas spécifique des détenus de retour de la zone irako-syrienne, ce dernier a estimé que “le point essentiel est de ne pas mettre des repentis et des traumatisés en contact direct avec des djihadistes endurcis.

Si on le fait, les plus forts et les plus radicalisés vont tenter de convertir les plus fragiles à leur Vision du Monde […].”